RESSOURCES HUMAINES ET POSITIONNEMENT A L’INTERNATIONAL

Dans un monde difficile et malgré des contextes toujours compliqués, des possibilités de repositionnement à l’international sont possibles, pour gagner ou éviter de perdre en compétitivité. C’est notamment le cas au Maroc.

2022 s’annonce pleine d’incertitudes et d’adversités. Face à l’instabilité du contexte politico-économique, les organisations doivent faire preuve d’adaptabilité et d’inventivité. Dans le domaine des ressources humaines, les métiers et le management qui ont déjà beaucoup évolué vont poursuivre leurs transformations liées au numérique. Face aux tensions sur les profils clés et les talents, il faut arbitrer sur les stratégies adaptatives, qui permettent de rester maître de sa compétitivité sur le marché.

EVOLUTION DU BESOIN RH ET DES PROFILS

La crise « COVID » a accéléré la transformation des métiers et leur rapport au numérique. Mais cette transformation n’est pas terminée. Les nouvelles solutions de ciblage contextuel, de donnée loguée, ou d’identifiants partagés, destinées à succéder aux fameux cookies et autres, requièrent de nouvelles compétences.

L’enjeu est fort sur la captation des talents liés à ces transformations. C’est notamment le cas, de manière stratégique, dans les métiers de la communication et de la publicité. Les profils d’ingénieurs en informatique, recherche, analyse des données et intelligence artificielle (data scientist) sont très recherchés et ne connaissent pas le chômage, requérant un investissement financier croissant.

Les derniers chiffres français de la DARES/Pole emploi sont d’ailleurs explicites à ce niveau, montrant que ces profils font partie des métiers pour lesquels la tension sur le marché est la plus forte.

TENIR COMPTE DU CONTEXTE

Les données de cette problématique doivent être confrontées aux éléments du contexte politico-économique que nous connaissons, caractérisé par un repli des échanges et de la mobilité internationale et une tension accrue sur ces échanges internationaux. La ressource étant moins mobile, il conviendra probablement de sécuriser le sourcing et, le cas échéant, de pratiquer des arbitrages d’externalisation stratégique ou de croissance externe à l’international dans ce but.

Ne pas dogmatiser sur l’externalisation et la délocalisation

L’externalisation à l’international est souvent comprise comme une délocalisation d’activité, alors qu’elle devrait plutôt être vue comme le positionnement stratégique à l’international d’un maillon de la chaine de valeur permettant, par sa mise en place, le développement voire la sauvegarde du reste de la chaine.

C’est pourquoi une analyse fine des paramètres, qui conditionnent cette action, doit être faite, sur l’ensemble du spectre. C’est le rôle de l’intelligence économique, qui peut partir d’une analyse générale pour identifier les différentes possibilités qui s’offrent de manière conjoncturelle, puis cibler des partenaires possibles pour identifier la pertinence de leurs profils. La sélection de ces partenaires doit se faire de sorte à sécuriser la relation avec des tiers de confiance dont les capacités et la moralité sont validés en amont à travers des pratiques d’intelligence économique, Due Diligence notamment, afin qu’elle se fasse dans respect des principes généraux du devoir de vigilance.

Certains pays présentent des facteurs très positifs en matière de ressources et de proximité. C’est, parmi d’autres, le cas du Maroc qui, malgré une fermeture des frontières renouvelée jusqu’au 31 janvier 2022, du fait du variant Omicron, possède un environnement socio-économique propice à l’externalisation de certains maillons de sociétés européennes et particulièrement françaises.

Exemple des possibilités marocaines

Le Maroc est leader dans l’offshoring / nearshore en langue française. La branche Client relation manager (CRM), qui intervient notamment dans le service après-vente, le télémarketing et les activités de télévente, a connu un succès notoire en 2021. Le Maroc peut se positionner sur les métiers sur lesquels il dispose déjà d’une certaine avance, comme l’ITO (Information Technology Outsourcing) et le BPO (Business Process Outsourcing).

D’autres métiers nécessitent un soutien de la part de l’Etat pour les formations, comme l’ESO (Engineering Service Outsourcing) ou l’externalisation des services d’ingénierie et de recherche et de développement et le KPO (Knowledge Processus Outsourcing), portant sur un contenu d’un niveau supérieur et exigeant une expertise. Les nouvelles modalités dans les partenariats internationaux sont en train de s’écrire, tout comme les nouvelles modalités du management d’entreprise.

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