Régionalisation des chaines de valeur et emploi au Maroc

L’Europe veut relocaliser, le Maroc voudrait capter des investissements et du développement, grâce à ses infrastructures et à des ressources humaines disponibles.

Jean-François DELBOS

Pour le Maroc, la question des ressources humaines est au centre de la problématique économique, car « l’inactivité » des jeunes diplômés et la permanence de la tension migratoire, qui occasionnent le départ de jeunes, pauvres comme diplômés, et d’adultes expérimentés, occasionnent un déficit, tant sur le plan politique qu’économique. 

La crise sanitaire comme occasion de développer l’industrie 

Depuis 2009, le pacte national pour l’émergence industrielle a visé à développer les « métiers mondiaux du Maroc », (automobile, aéronautique, électronique, offshoring, textile et cuir, agroalimentaire), et à les doter de plateformes industrielles intégrées. Cet objectif stratégique s’accompagnait de la volonté de faire entrer le Maroc de plein pied dans la chaine de valeur de la production industrielle. Avec les conséquences de la crise sanitaire, qui indiquent pour l’Europe une nécessité de relocalisation, le ministre de l’industrie du Maroc, ainsi que de nombreux observateurs identifient le Maroc comme un « hub industriel ʺagile et uniqueʺ aux portes de l’Europe1 ». 

Pour mettre en valeur ce positionnement, la Maroc a maintenu au travail le maximum d’entités possibles, au risque de voir la constitution de groupes contaminés, ce qui est bien-sûr arrivé, dans l’automobile, mais surtout dans les poissonneries. 

Création d’emploi et valeur ajoutée locale au Maroc 

Depuis le 20 juin, le Maroc a mis en application des dispositions concernant l’importation de certains produits et articles manufacturés, qui vont désormais devoir subir des contrôles de conformité aux frontières avant d’entrer sur le marché national. Un tel dispositif aura comme résultat de limiter les volumes importés. Ce nouveau système relance l’éternel débat concernant l’industrie de substitution aux importations, qui permettrait de créer des emplois. Mais le ministère de l’industrie mise avant tout sur les métiers mondiaux, qui ont déjà marqué par leur succès dans l’automobile et l’aéronautique, permettant la formation et l’emploi de milliers de jeunes Marocains. 

Ainsi, lors de sa session ordinaire de juillet 2020, le Conseil de la Région de Tamansourt a validé un nouveau projet de création d’un parc industriel dédié aux activités de technologie, et qui sera installé sur un domaine de 40 ha acquis par la région à 40 millions de DH. Les études techniques pour la réalisation de cette plateforme d’une capacité d’accueil de 160 entreprises, sont déjà lancées, informe le journal L’Économiste. La Société de développement régional, en charge de la mise en œuvre prévoit que ce projet génère «  à terme quelque 5 000 emplois ». 

Les entreprises européennes sauront-elles saisir l’occasion pour développer la coproduction au Maroc ? 

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